Mathieu Decalonne est en charge à l’Ifis de la conception de solutions pédagogiques innovantes. Rompu aux techniques ludiques qu’il a développées tout au long de son parcours professionnel, il revient sur le principe de la « pédagogie active ».

Mathieu, qu’est-ce que la pédagogie active ?

Durant une formation, la raison de la présence de l’apprenant n’est pas d’écouter, mais d’acquérir des connaissances. La pédagogie active est une approche pédagogique qui va mettre l’apprenant au centre même de son apprentissage

C’est un processus dans lequel il va agir pour accéder à la connaissance et déterminer les clés efficaces pour se les approprier. Il va construire son apprentissage et prendre ce dont il a besoin. Il est donc dans une position active et non plus passive.

Une formation, c’est un formateur et des apprenants ?

Pas seulement. Trois acteurs interviennent durant une formation : le formateur, l’apprenant, mais aussi le groupe ! Dit autrement, l’apprenant interagit avec son formateur, mais aussi et surtout avec ses pairs. Ce sont justement les interactions au sein de ce triangle canonique qui sont génératrices d’ancrages de connaissances. 

La pédagogie active améliore donc l’acquisition de connaissances. 

Effectivement, mais pas que ! L’impact sur la motivation de l’apprenant est également un facteur à prendre en compte en formation. Prenons l’exemple d’une formation descendante, du formateur vers l’apprenant. Celle-ci présente des limites en termes physiologiques, car un apprenant ne peut pas rester concentré sur le discours d’un formateur durant une trop longue période. Le corps humain ne le permet tout simplement pas.

Or, l’inclusion de méthodes pédagogiques actives va justement favoriser les capacités motivationnelles de l’apprenant, et par la  même son engagement dans l’apprentissage. Plus l’investissement en formation est présent, plus grands seront les bénéfices en termes de connaissances de l’apprenant.

Qu’appelle-t-on « techniques pédagogiques » ?

Une technique pédagogique est un outil dont va se servir le formateur pour apporter de la connaissance à l’apprenant. L’exposé magistral descendant en est un exemple, mais il en existe de nombreux autres. Il ne faut pas nécessairement dénigrer l’exposé magistral – je l’utilise également - mais il est nécessaire de lui ajouter d’autres techniques pédagogiques si l’on souhaite que l’apprenant retienne du contenu. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, et il est de celle du formateur d’user de toutes les cordes disponibles à son arc.

Et dans ces techniques pédagogiques, certaines relèvent de la pédagogie active...

Dès lors qu’un formateur fait appel à d’autres techniques pédagogiques que l’exposé magistral, il emploie d’une certaine manière une philosophie de pédagogie active. Concernant les techniques pédagogiques, il n’existe pas une méthode pour les gouverner toutes, ni une seule approche pour amener les apprenants vers la connaissance. C’est justement la force de l’apprentissage, sa pluralité de mise en œuvre.

J’entends et j’oublie,
Je vois et je me souviens,
Je fais et je comprends 

Confucius