La publication du décret n° 2025-1335 vient de clarifier le cadre de la certification périodique des pharmaciens, une obligation en vigueur depuis janvier 2023.  

Les nouvelles dispositions instaurent un contrôle renforcé par les ordres professionnels, capitalisant sur la traçabilité numérique grâce au téléservice Ma Certif’Pro Santé. Désormais, en plus de garantir le maintien et l'actualisation des compétences, les pharmaciens doivent se préparer à une phase de contrôle plus rigoureuse, accompagnée de possibles sanctions en cas de manquement. Ces évolutions soulèvent des débats au sein de la profession, incitant à adapter les démarches de formation continue. 

Un contrôle clarifié et renforcé pour les pharmaciens 

Le décret n° 2025-1335 marque un tournant majeur dans le système de certification périodique des pharmaciens, avec un cadre de contrôle désormais bien défini. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, les professionnels de santé doivent se soumettre à cette obligation, mais ce décret consolide les modalités concrètes de suivi. Les ordres professionnels, notamment l'Ordre des pharmaciens, vont jouer un rôle central en vérifiant que chaque pharmacien a complété le programme minimal d'actions. Ce suivi, continuel et structuré, permet une évaluation rigoureuse des compétences professionnelles tout offrant une garantie de qualité aux patients. Si un pharmacien manque à ses obligations, des procédures disciplinaires peuvent être enclenchées, incluant potentiellement des sanctions pour insuffisance professionnelle. Cette évolution souligne une volonté de professionnalisation accrue et de transparence, mais soulève également des questions sur l'équilibre entre accompagnement pédagogique et exigences administratives. 

Ma Certif’Pro Santé : un outil numérique innovant 

Le téléservice Ma Certif’Pro Santé se pose comme l'outil central de la nouvelle réforme remplaçant alors l’outil disponible jusqu’à maintenant sur le site de l’ANDPC. Ce système d'information national offre des fonctionnalités novatrices pour les pharmaciens, facilitant leur conformité à la certification périodique. Tout pharmacien pourra créer un compte où seront centralisées toutes ses actions réalisées, accompagnées des justificatifs nécessaires, qu'ils proviennent des organismes de formation ou des employeurs. Cette centralisation rend le système non seulement plus lisible mais aussi beaucoup plus accessible. En simplifiant la traçabilité, ce téléservice permet de renforcer le contrôle par les ordres professionnels et les autorités compétentes. En parallèle, il respecte des règles strictes de protection des données personnelles, garantissant un usage sécurisé des informations. Référentiels et rôle stratégique de la Haute Autorité de Santé.

Le décret apporte une dimension scientifique au processus de certification périodique en précisant le rôle de la Haute Autorité de Santé (HAS). Celle-ci intervient comme garant de la qualité des référentiels élaborés par le Conseils nationaux professionnels (CNP), y compris celui des pharmaciens. Comme c’était déjà le cas avec le DPC, la HAS sera consultée pour s'assurer que ces référentiels répondent à des standards méthodologiques exigeants, tant sur le plan scientifique que déontologique. Cette coordination avec la HAS vise à aligner la certification sur des bases rigoureuses, reflétant l'évolution des connaissances et pratiques pharmaceutiques. Les pharmaciens peuvent espérer que cette approche améliore la qualité de leur formation continue, bien que certains s'inquiètent encore de la potentielle bureaucratisation du système, potentiellement axée sur le respect rigide des référentiels plutôt qu'un véritable développement professionnel. 

Enjeux et perspectives pour les professionnels de santé et l'industrie 

Pour les industriels de santé comme les organismes de formation, les implications sont majeures. Ceux-ci devront adapter leurs programmes pour répondre au cadre réglementaire et aux référentiels précisés, tout en conservant une approche pédagogique qui favorise l'évolution professionnelle des pharmaciens. De nouvelles stratégies de formation pourraient être nécessaires pour accompagner efficacement les pharmaciens avant, pendant et après le processus de certification. À l’IFIS notamment, nous avons été les premiers à avoir déposé et s’être vus validés une formation par le CNP Pharmacie ouvrant la voie pour cette nouvelle aventure.

Adaptabilité et défis futurs pour maintenir l'équilibre 

Le défi principal que posent ces nouvelles mesures est de maintenir un équilibre entre un contrôle impératif de la conformité réglementaire et une approche éducative rigoureuse. Les ordres professionnels devront naviguer entre garantir le respect de la loi tout en soutenant le développement des compétences des pharmaciens à un niveau élevé. Un contrôle trop sévère pourrait nuire à la motivation des professionnels, alors qu'une approche trop laxiste risquerait de compromettre la qualité des soins. Au-delà de l'application immédiate, le succès du décret 2025-1335 dépendra de l'engagement des acteurs à faire évoluer les pratiques conformément aux besoins réels des praticiens et à ceux du marché de la santé. La flexibilité devra être une composante clé pour s'adapter aux retours d'expérience des utilisateurs, tout en respectant les intentions initiales de structurer et de professionnaliser la certification. 

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